| Rapport sur les fouilles |
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Recherche archéologiqueEn 2000, dans le cadre d'un projet de recherche plus vaste, nous avons commencé notre recherche archéologique au lieu historique national de Grand-Pré. D'abord, nous avons examiné les documents historiques afin de dresser un inventaire des endroits ayant un grand potentiel archéologique. Ensuite, nous avons mené des sondages géophysique avec l'aide de Duncan McNeill et de son Em-38b, l'instrument développé par Geonics. Les données géophysiques ont mis en valeur les endroits où on pourrait trouver des pierres souterraines (des vestiges de bâtiments anciens). Depuis 2001, nous avons ciblé ces endroits lors de nos fouilles archéologiques. Le programme de recherche archéologique est le fruit d'un partenariat entre la Société Promotion Grand-Pré, Parcs Canada et Saint Mary's University. Dirigé par Jonathan Fowler, le projet de l'école de fouilles archéologiques offre aux étudiants de premier cycle l'occasion d'approfondir sur le terrain leurs connaissances des méthodes archéologiques. Jusqu'ici, nous avons examiné trois endroits qui comportent des irrégularités géophysiques : (1) un endroit à l'ouest de l'église-souvenir (Opération 28 - 200t1), (2) un endroit à l'est de l'église-souvenir (Opération 29 - 2001-2004) et (3) un endroit situé entre le puits d'Évangéline et la croix d'Herbin (Opérations 30-36 - 2004). Opération 28En 2001, nous avons creusé une tranchée exploratoire de 1m x 7m dans le verger de pommiers à l'ouest de l'église-souvenir. Au cours de ces fouilles peu profondes, nous avons déterré 1 831 artefacts et un amas de débris de pierres et de briques. Notre compréhension des artefacts est limitée à cause du fait que la tranchée était très étroite, mais les débris de pierres et de briques constituent sans doute des ruines très perturbées d'un bâtiment. À la fin du 19e siècle, David Otto Parker avait observé des ruines à cet endroit. À son avis, elles étaient les vestiges de l'ancienne «maison du prêtre». Nos propres fouilles à cet endroit n'ont pas révélé de vestiges architecturaux. La plupart des artefacts que nous y avons trouvés datent de la période après la Déportation des Acadiens en 1755. Cependant, il faut souligner qu'au 18e et au 19e siècles, les gens jetaient souvent leurs déchets parmi les ruines des bâtiments acadiens. D'autres fouilles à cet endroit révéleront peut-être des couches plus profondes contenant des artefacts datant de l'occupation acadienne. Opération 29Les fouilles à l'est de l'église-souvenir nous ont permis de découvrir les vestiges d'au moins un bâtiment datant de la période de la Déportation. Nous avons trouvé trois murs de pierres sèches et une cave remplie de pierres. Ces vestiges architecturaux étaient complètement scellés par le remblai de deux projets de remplissage du début du 20e siècle. Le remblai de la couche supérieure contenait des débris associés à la construction de l'église-souvenir vers 1920. Les couches supérieures du remblai déposé dans la cave contenaient des artefacts de la fin du 18e et du début du 19e siècle. Les artefacts découverts en-dessous de ces couches datent de la période de l'occupation acadienne. La présence de torchis (un mélange d'argile et de paille que les Acadiens utilisaient pour remplir les murs) semble indiquer que ce bâtiment a été construit par des Acadiens. Puisqu'il ne mesure que 5 mètres de large, il s'agit sans doute d'une petite maison. Nous avons découvert par hasard des sections d'un caniveau revêtu de pierres qui sortait de la cave en direction du nord. Un système de drainage semblable, associé à une maison acadienne, a été découvert lors des fouilles à Grand-Pré dans les années1970. Dans le cas de nos fouilles, cette découverte était très importante parce qu'elle nous fournissait un contexte archéologique scellé qui nous a permis de dater l'occupation du bâtiment. Puisque le caniveau a dû être construit quand le bâtiment était occupé, les artefacts trouvés dans le remplissage de la tranchée de construction faite pour le caniveau pourraient aider à dater le bâtiment. De fait, tout le matériel que nous avons découvert dans la tranchée du caniveau date d'avant 1755. Les quantités de charbon de bois récupérées dans les couches inférieures du remblai dans la cave indiquent que le bâtiment a été détruit par le feu. Un demi-penny britannique daté de 1734 que nous avons trouvé en 2004 dans la couche de destruction nous donne une idée de l'époque à laquelle l'incendie a eu lieu. Puisque l'Acadie ou la Nouvelle-Écosse était une colonie britannique en 1734, les Acadiens auraient eu des pièces de monnaie britannique. En enlevant le remblai datant de la fin du 18e siècle de la cave, nous avons découvert plusieurs minces fragments d'ardoise bleue dont certains avaient été taillés. En 2003, nous avons déterré un fragment d'ardoise assez grand qui semble avoir servi de tuile de couverture. C'est la première indication concrète de l'existence d'un toit d'ardoise sur une maison acadienne. Aucun document historique ne mentionne la présence de toits d'ardoise en Acadie, donc on voit l'importance de la recherche archéologique. D'après Ian Spooner, professeur de géologie à l'Université Acadia, cette ardoise proviendrait d'un endroit situé sur le mont Sud, à 10 km environ du lieu historique national de Grand-Pré. Si c'est le cas, cela montre que les Acadiens connaissaient très bien les ressources naturelles de la région. Les résultats des fouilles de l'Opération 29 mettent en doute l'interprétation traditionnelle de l'archéologie du lieu historique national de Grand-Pré. Depuis la fin du 19e siècle, les archéologues amateurs ont toujours dit que les ruines à cet endroit appartenaient à l'ancienne église Saint-Charles-des-Mines où plus de 400 hommes et garçons acadiens ont été emprisonnés en 1755. Nos recherches, par contre, semblent indiquer que ce sont les ruines d'une petite maison acadienne détruite par un incendie qui a eu lieu après 1734. Un petit bâtiment mesurant 5 mètres de large n'aurait jamais pu héberger 400 personnes. Un examen plus attentif des documents historiques soutient cet argument. Jeremiah Bancroft, un des officiers de John Winslow pendant la Déportation, a tenu un journal personnel dans lequel il a décrit ses activités à Grand-Pré en 1755. Les pages de son journal contiennent des indices précieux au sujet de l'ancien village acadien de Grand-Pré. Bancroft note, par exemple, que la palissade de bois, que Winslow a fait construire, a entouré l'église, la maison du prêtre et une autre petite maison. À l'origine, cette palissade mesurait 85 mètres de long sur 45 mètres de large. Par la suite, Winslow l'a fait agrandir pour inclure le cimetière de Saint-Charles-des-Mines. Les soldats de Winslow ont pris 5 jours pour construire la première palissade (environ 52 mètres par jour, donc) et seulement une journée pour construire la rallonge. Cela donne une indication de la grandeur relative de la rallonge. Le journal de Jeremiah Bancroft nous aide à déchiffrer les secrets archéologiques du lieu historique national de Grand-Pré. Puisque les archéologues de Parcs Canada ont démontré que la croix de Herbin marque l'emplacement de l'ancien cimetière acadien, pour trouver les vestiges de l'église et les deux autres bâtiments, il suffit de superposer à cet endroit le rectangle formé par la palissade décrite par Bancroft. Nous pouvons supposer que Winslow a orienté sa palissade sur l'axe est-ouest le long de la terre surélevée. Si la palissade avec sa rallonge mesurait 100 mètres et si nous plaçons un coin du rectangle un peu à l'est de la croix de Herbin, l'autre bout du rectangle n'atteint ni le puits d'Évangéline, ni l'église-souvenir. Pour inclure l'emplacement de l'église-souvenir, il aurait fallu que la palissade entourant le campement de Winslow mesure environ 160 mètres de long (autrement dit, une dimension presque deux fois plus grande que celle de la palissade sans la rallonge). Toutes les preuves matérielles semblent contredire la croyance traditionnelle selon laquelle l'église-souvenir est située à l'emplacement de l'ancienne église Saint-Charles-des-Mines. Mais si la croyance traditionnelle est erronée, où se trouve l'église Saint-Charles-des-Mines? Opérations 30-36Nos efforts pour trouver l'emplacement de l'église Saint-Charles-des-Mines nous ont amenés à faire des fouilles entre le puits d'Évangéline et la croix de Herbin. En 2004, nous avons commencé à creuser une série de 52 carrés d'essai pour effectuer un sondage rapide de tout cet endroit. Les résultats préliminaires ont été très encourageants. Ces carrés d'essai ont révélé 2 831 artefacts dont presque tous sont fragmentaires, mais datables. Les colons protestants de la Nouvelle-Angleterre et leurs descendants ont cultivé les terres de toute cette région, donc leurs charrues ont perturbé et mêlé les artefacts acadiens et les artefacts plus récents dans la couche du sol juste en-dessous du gazon. Nous y avons trouvé des artefacts typiques du 17e au 18e siècles, tels que les fragments de céramique et de vitre et les clous en fer. Nous avons aussi découvert des fragments de brique, indiquant la présence d'anciens bâtiments. Nos carrés d'essai semblent avoir révélé des sections de ces bâtiments à deux endroits. Nous avons découvert des pierres architecturales à 8B30F et à 8B30J en-dessous de la couche affectée par les charrues. Nous avons aussi trouvé du torchis, du charbon de bois et du verre fondu à ces deux endroits. Une partie du verre fondu récupéré à 8B30J vient d'un contenant en provenance de la France. Nous avons aussi trouvé une grande quantité de balles de mousquet aux deux endroits : 11 balles à 8B30F et 6 balles à 8B30J. Cette quantité dépasse le nombre de balles de mousquet trouvées dans les sites acadiens domestiques qui ont été déterrés en entier. Le nombre élevé de balles suggère une occupation militaire plutôt qu'une occupation civile. La phrase suivante, rédigée par John Winslow peu de temps après son arrivée à Grand-Pré en 1755, est révélatrice : « ... je viens de m'installer dans mon quartier situé entre l'église et la cour de la chapelle; la maison du prêtre sert de logement pour moi et l'église sert de dépôt d'armes... » Nous avons l'intention de poursuivre nos fouilles à cet endroit dans les saisons à venir. Conclusions provisoiresLes preuves archéologiques montrent que le lieu historique national de Grand-Pré se trouve sur les ruines de l'ancienne communauté acadienne de Grand-Pré datant d'avant la Déportation. Nous avons identifié au moins un bâtiment acadien datant d'avant 1755 (Opération 29), mais ses petites dimensions et la présence d'une cave semblent indiquer qu'il s'agit d'un bâtiment domestique plutôt qu'une grande église paroissiale. Ces découvertes, ainsi que l'examen des documents primaires, nous ont amenés à étendre nos fouilles plus à l'est afin d'explorer la région située entre le puits d'Évangéline et la croix d'Herbin. À date, nos fouilles dans cette région ont révélé des quantités importantes d'artefacts et des vestiges de bâtiments inconnus auparavant. Ces ruines constituent-elles le cœur de l'ancien village de Grand-Pré? Seules les recherches futures nous le diront. ÉquipesJe voudrais remercier les étudiants, les collègues et les amis de leurs efforts énormes, de leur professionnalisme et de leur bonne humeur au cours des années. L'équipe de 2001Danny Dyke (assistant), Bryson Crowe, Karen Drinkwater, Emilie Gilbert, John Harvey, Dylan Henderson, Sarah Kingston, Jonathan Kyte, Flannery Surrette, Aimee Teepell. Merci à Nicole Brown et à Andrea Richardson qui ont donné de leur temps et de leurs habiletés. L'équipe de 2002Danny Dyke (assistant), Sara Carver, Manuela Dannbauer, Jasmine Folz, Jennifer Haigh, John Harvey, Lisa McIntyre, Rachel Roy, Emily Servant, Robert Shears, Flannery Surrette, Aimee Teepell, Manaf Zora. L'équipe de 2003Joseph Cosgrove, Morgan Cowan, Erin Fletcher, Emilie Gilbert (assistante), Kelty Hillier (ninja), Michelle Hollett, Alex Howard, Natalie Ludlow, Mark Oliver, Alicia Sampson, Robert Shears (assistant), Flannery Surette (assistante), Heather Simmons, Brian Sutherland. Merci à Rob Ferguson, Rebecca Duggan et John Harvey qui ont prêté leur expertise. L'équipe 1 de 2004Guy Allen-Hermanson, Jennifer Appleton, James Babbitt, Danny Dyke (assistant), Mike Gibson, Emilie Gilbert (assistante), Tamara Hurley, Jill McSweeney, Katherine Power, Robert Shears (assistant) Ashleigh Smith, Flannery Surette (assistante) Brian Sutherland. L'équipe 2 de 2004Guy Allen-Hermanson, James Babbitt, Matthew Cloutier, Samantha Coutts, Sarah Cron, Naomi Doucette, Danny Dyke (assistant), Erin Fletcher, Mike Gibson, Emilie Gilbert (assistante), Thomas Peace, Robert Shears (assistant), Heather Simmons, Erica Skinner, Flannery Surette (assistante) Aimee Teepell (assistant). Merci encore à Rob Ferguson et Rebecca Duggan de leur aide au cours de l'été. L'équipe de 2005Les noms seront ajoutés sous peu. L'équipe de 2006Les noms seront ajoutés sous peu. L'équipe de 2007Les noms seront ajoutés sous peu. L'équipe de 2008Les noms seront ajoutés sous peu. L'équipe de 2009Les noms seront ajoutés sous peu. |