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Le lieu historique national du Canada de Grand-Pré occupe plusieurs hectares de terre basse à côté du vaste marais de Grand-Pré. Gagné sur la mer au moyen de la construction de digues de protection contre les grandes marées de la baie Française (du bassin Minas), le marais formait le centre agricole du village acadien fondé au début des années 1680. Pendant l'automne et l'hiver de 1755, sous le commandement du lieutenant-colonel John Winslow, du Massachusetts, les soldats de la Nouvelle-Angleterre ont déporté les Acadiens de Grand-Pré et brûlé leurs établissements. Aujourd'hui, très peu de traces restent de l'ancienne communauté acadienne.
Après la Déportation, les autorités britanniques ont concédé les terres des Acadiens aux colons de la Nouvelle-Angleterre, connus sous le nom de Planters. D'après les traditions orales transmises par ces colons, l'ancienne église Saint-Charles-des-Mines était située sur le terrain où se trouve le lieu historique national et les vieux saules que l'on voit encore aujourd'hui sur le terrain ont été plantés par les Acadiens. Jusqu'au début du 20e siècle, on pouvait voir de nombreuses dépressions bordées de pierres que l'on croyait être les ruines des maisons acadiennes.
Vers 1880, des amateurs d'antiquités ont commencé à creuser dans la terre, à la recherche d'objets et de trésors acadiens. Ils ont trouvé de nombreuses «antiquités acadiennes» qui ont disparu depuis longtemps. Ils ont aussi découvert un puits à parois de pierres au sommet d'une petite butte près des saules. Un peu plus à l'est, ils ont déterré un cercueil et des traces de restes humains.
En 1907, dans un effort pour protéger ce lieu, un homme d'affaires de Wolfville, de descendance acadienne du côté de sa mère, a acheté le terrain. Il s'appelait John Frederic Herbin. L'année suivante, il a mené des fouilles près du puits où il a découvert les restes d'un âtre et les fondations de ce qu'il a appelé «un grand bâtiment». Herbin croyait qu'il s'agissait des ruines de l'ancienne église Saint-Charles-des-Mines. Malheureusement, il n'a pas laissé de notes ou de photos de ses fouilles. Vers 1909, il semble que Herbin ait enlevé quelques pierres de ces ruines pour construire une croix de pierres pour marquer l'emplacement de ce qu'il croyait être l'ancien cimetière acadien. Incapable de réunir les fonds suffisants pour développer ce lieu de mémoire, Herbin a vendu le terrain en 1917 à la compagnie de chemin de fer, Dominion Atlantic Railway, pour qu'elle en fasse un attrait touristique.
À cause de la popularité du poème Évangéline de Henry Wadsworth Longfellow, tous les ans des centaines de touristes prenaient le train pour se rendre à Grand-Pré. En 1920, la compagnie de chemin de fer a érigé une statue de bronze d'Évangéline, sculptée par Louis-Philippe et Henri Hébert. En 1922, les Acadiens ont organisé une campagne de financement afin de construire une église souvenir à l'emplacement des ruines que John Frederic Herbin avait identifiées comme faisant partie de l'ancienne église paroissiale Saint-Charles-des-Mines. Il faut noter, cependant, qu'aucune enquête archéologique n'a été faite au moment de la construction de l'église
La compagnie de chemin de fer a fait de nombreux travaux d'aménagement paysager partout sur le terrain. Parcs Canada a poursuivi ces travaux après l'achat du terrain par le gouvernement du Canada en 1957. À cause de tous ces travaux, il ne reste presque plus de traces visibles des ruines que John Frédéric Herbin avait observées au début du 20e siècle.
À partir du début des années 1970, des archéologues de Parcs Canada mènent plusieurs fouilles au lieu historique national de Grand-Pré. Aucun de ces projets archéologiques n'a tenté de répondre à la question suivante : les restes de l'église Saint-Charles-des-Mines se trouvent-ils au lieu historique national de Grand-Pré? Si oui, où se trouve l'emplacement de cette ancienne église? En dépit de toutes les fouilles depuis plus d'un siècle, personne n'a produit de preuves tangibles pour répondre à cette question.
Pendant l'été de 2000, l'archéologue Jonathan Fowler et le géophysicien Duncan McNeill ont eu recours à la haute technologique pour tenter de répondre à cette question. Ils se sont servis de l'Em-38b, un instrument de prospection géophysique inventé par la compagnie Geonics. Cet instrument, qui peut voir sous la terre, a révélé qu'il y a de nombreux sites archéologiques cachés sous le beau gazon du lieu historique national de Grand-Pré.
Grâce aux recherches initiales de Fowler et de McNeill, le Cours d'archéologie pratique de Grand-Pré a été créé en 2001. Il s'agit d'un partenariat entre la Société Promotion Grand-Pré, Parcs Canada et l'Université Saint Mary's. Le but de ce projet, qui se poursuit chaque été, est de retrouver les traces de l'ancien village acadien et de l'église Saint-Charles-des-Mines.
Nous vous invitons à examiner l'information historique, géophysique et archéologique que les fouilles à Grand-Pré ont révélée. Nous vous encourageons à analyser toutes les données pour répondre par vous-même à notre question de recherche : Où se trouve l'église Saint-Charles-des-Mines?
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Carte interactive
Pour explorer les environs du lieu historique national de Grand-Pré, cliquez sur les images sous la carte qui correspondent aux numéros sur la carte. Chaque carré bleu sur la carte représente un kilomètre carré.

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Plan du lieu interactif
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