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Le journal de John Winslow, 1755 PDF Imprimer E-mail

JohnWinslowA member of a prominent Massachusetts family, Lieutenant Colonel John Winslow was the commander of the New England troops sent to deport the Acadians from Grand-Pré in 1755. The following excerpts are taken from his journal :

«Journal of Colonel John Winslow, of the Provincial Troops», Report and Collections of the Nova Scotia Historical Society 3 (1883) : 71-110. Le lieutenant-colonel John Winslow, du Massachusetts, a commandé les troupes de la Nouvelle-Angleterre envoyées à Grand-Pré pour déporter les Acadiens en 1755. Les extraits suivants sont tirés de son journal, écrit en anglais.

Lettre à William Shirley, le 22 août 1755.

… je suis installé dans la maison du prêtre, qui est située entre l'église et l'enclos de l'église. Nous utiliserons l'église comme dépôt d'armes. 

Lettre à William Coffin, le 22 août 1755.

… nous avons notre camp ici, ayant l'église à ma droite dont j'ai fait un dépôt d'armes. À ma gauche, se trouve l'enclos de l'église où il y a 313 officiers qui seront bientôt renforcés. Je fais mettre des pieux autour de mon camp pour empêcher une [attaque] surprise … 

Lettre au capitaine Murray, le 24 août 1755.

Hier j'ai reçu un mois de provisions pour 400 hommes que j'ai déposées dans l'église. J'ai planté mes tentes pour loger mes hommes. Si mes palissades tiennent, je finirai l'installation des pieux aujourd'hui. Il y a une petite maison à l'intérieur des pieux qui servira de logement pour les officiers …  

Notes de journal, le 5 septembre, 1755.

… j'ai donné les ordres à tout le camp d'être en armes aujourd'hui.

À trois heures de l'après-midi, les habitants français semblaient prêts à écouter la proclamation à l'église à Grand-Pré. Il y avait 418 de leurs meilleurs hommes. J'ai fait mettre une table au centre de l'église, étant assisté de mes officiers qui n'étaient pas de garde … Je leur ai communiqué les ordres du Roi [l'Ordre de déportation] au moyen d'interprètes …

Messieurs,

J'ai reçu de Son Excellence le gouverneur Lawrence les instructions du Roi que je tiens en main. C'est par ses ordres que vous êtes convoqués pour apprendre la décision finale de Sa Majesté à l'égard des habitants français de sa Province de Nouvelle-Écosse où, depuis près d'un demi-siècle vous avez bénéficié d'une plus grande indulgence qu'aucun de ses autres sujets en aucune partie de son empire. Quel usage vous avez fait de cette indulgence, vous le savez mieux que personne. Le devoir qui m'incombe, quoique nécessaire, est très désagréable à ma nature et à mon caractère, de même qu'il doit vous être pénible, à vous qui avez la même nature; mais ce n'est pas à moi de critiquer les ordres que je reçois, mais de m'y conformer. Je vous communique donc, sans hésitation, les ordres et instructions de Sa Majesté, à savoir que toutes vos terres et habitations, bétail de toute sorte et cheptel de toute nature, sont confisqués par la Couronne, ainsi que tous vos autres biens, sauf votre argent et vos meubles, et vous devez être vous-mêmes enlevés de cette Province qui lui appartient. C'est l'ordre péremptoire de Sa Majesté que tous les habitants français de ces régions soient déportés. J'ai des instructions, par suiste de la bonté de Sa Majesté, pour vous autoriser à emporter votre argent et vos meubles pour autant que les navires où vous entrerez n'en seront pas surchargés. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que tous ces biens vous soient assurés et que vous ne soyez pas molestés dans leur transport; je veillerai aussi à ce que les familles s'embarquent au complet dans le même vaisseau et à ce que cette déportation qui, je le sens bien, doit vous causer beaucoup de peine, s'accomplisse aussi facilement que le permet le service de Sa Majesté; et j'espère qu'en quelle que partie du monde où vous puissiez vous trouver, vous serez de fidèles sujets, un peuple paisible et heureux. Je dois aussi vous informer que c'est le bon plaisir de Sa Majesté que vous restiez en sécurité sous la surveillance et la direction des troupes que j'ai l'honneur de commander et ainsi je vous déclare prisonniers du roi. 

Notes de journal, le 5 septembre 1755.

… Au tattoo [au signal du clairon à la tombée de la nuit], les habitants français doivent se retirer à leur logement dans l'église et, au cours de la journée, ils ne doivent pas se promener à l'est du logement du commandant sans la permission de l'officier de la garde. La moitié de la garde doit s'abriter sous ma tente-marquise. Une patrouille, composée d'un sergent et douze soldats, doit faire le tour de l'église sans arrêt. La sentinelle doit être doublée partout.

JOHN WINSLOW.

Notes de journal, le 10 septembre, 1755.

… J'ai décidé … qu'il serait mieux de diviser les prisonniers, et, puisqu'il y avait cinq navires arrivés de Boston qui attendaient … j'ai commandé que cinquante des habitants français soient embarqués à bord chacun des cinq navires, en prenant les jeunes hommes d'abord …

J'ai fait venir le père Landry, leur principal porte-parole qui parle anglais, et je lui ai dit qu'il était temps que les habitants s'embarquent … en lui demandant d'en informer ses ouailles. Il a exprimé son grand étonnement … Je lui ai dit qu'il fallait le faire … J'ai commandé toutes mes troupes d'être en armes et de se positionner entre les deux barrières et l'église, derrière mon logement …

Tous les habitants français ont été réunis ensemble, avec les jeunes hommes à gauche … Ensuite j'ai commandé au capitaine Adams … de faire avancer les jeunes hommes … ils ont tous répondu qu'ils n'iraient pas sans leurs pères. Je leur ai dit que l'ordre du Roi était final et qu'il fallait absolument y obéir et que je n'aimais pas utiliser des moyens rudes, mais que le temps ne permettait pas de discussions ou de délais. Puis j'ai commandé toutes mes troupes de fixer leurs baïonnettes et d'avancer vers les Français. J'ai demandé aux quatre rangées de prisonniers à droite, qui comprenaient 24 hommes … de se séparer des autres prisonniers … J'ai saisi l'un d'entre eux (qui ne voulait pas avancer) et lui ai dit de marcher.

Il a obéi et les autres ont suivi, quoique lentement, en priant, en chantant et en pleurant. Tout au long du chemin (un mille et demi)[2.5km], les femmes et les enfants se sont avancés vers eux en se mettant à genoux, en priant et en poussant des lamentations, etc.

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