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Grand-Pré, le 1 juin 2010 – Ayant passé trois semaines en train de fouiller le sol du lieu historique national de Grand-Pré, les étudiants inscrits au chantier-école d’archéologie sont maintenant de retour à Halifax où ils travaillent bien à l’abri dans un laboratoire à Saint Mary’s University. Cette partie de leur cours constitue le commencement du long et fastidieux processus d’analyse et de réflexion qui suit toutes les fouilles archéologiques.
Tous les petits artefacts trouvés sur le terrain doivent être lavés et codés à l’encre de chine. Ensuite, ils sont placés sur des plateaux de carton. Chaque plateau contient les artefacts déterrés par une personne à un endroit précis dans une tranchée exploratoire. Certains endroits ont fourni beaucoup d’artefacts, d’autres quelques fragments minuscules de poterie seulement. En regardant tous les plateaux étalés sur les tables du laboratoire, on a une vue d’ensemble des différents types d’artefacts groupés selon le contexte dans lequel on les a trouvés. À part les clous et les restes de fers à boeuf, il n’y pas beaucoup d’objets de métal sur les plateaux parce que les vestiges de cuillères, les boutons, les boucles et les pièces de monnaie ont été envoyés au laboratoire de Parcs Canada pour subir un traitement de conservation.
D’après Jonathan Fowler, directeur du chantier-école et professeur au département d’anthropologie, la vaste majorité des artefacts trouvés au cours des fouilles de cette année datent de 1760 à 1780 environ. Autrement dit, il s’agit des vestiges d’objets laissés par les Planters (colons de la Nouvelle-Angleterre) qui se sont établis sur les terres à Grand-Pré tout de suite après la Déportation des Acadiens. Dans cette région de la Nouvelle-Écosse, les morceaux de faïence blanche indiquent la présence des Planters. Cette faïence très reconnaissable, connue sous le nom de creamware, a été créée en Angleterre par la compagnie Wedgewood à partir de 1760 environ.
La quantité d’artefacts associés aux Planters ne surprend pas les archéologues dans la mesure où cette partie du lieu historique ne semble pas correspondre à la zone d’agglomération acadienne la plus importante. Ayant appartenue à l’Église, cette parcelle aurait été moins habitée que d’autres endroits en hauteur.
Les étudiants ont fouillé le long du mur de 19 mètres qui a été découvert par hasard pendant l’hiver lors de l’installation d’un tuyau souterrain menant à l’église-souvenir. Lors de leurs tentatives pour trouver les coins de ce mur, ils ont découvert un puits, une rangée de pierres et une partie d’une fondation. Ces vestiges de structure doivent être explorés davantage afin de pouvoir identifier leur origine.
Bien qu’il reste encore beaucoup d’analyses à faire, la quantité d’artefacts associés aux colons de la Nouvelle-Angleterre trouvés près du mur semble mettre en doute la possibilité d’une construction acadienne. Cela ne veut pas dire que l’ancienne église Saint-Charles-des-Mines ne se trouve pas près de cet endroit. Mais il faut aussi noter que les indices dans le journal du lieutenant-colonel John Winslow et dans celui du porte-étendard Jeremiah Bancroft laissent croire que l’église Saint-Charles-des-Mines se trouvait à proximité du cimetière, de l’autre côté de l’église-souvenir. Les archéologues veulent avoir beaucoup plus de preuves matérielles avant de se prononcer avec certitude sur l’emplacement de l’ancienne église.
Interrogés sur leurs impressions de cette expérience de fouilles archéologiques, les étudiants ont tous dit qu’ils ont apprécié la camaraderie sur le terrain, le travail de recherche et d’analyse et surtout cette façon très tangible d’aborder l’histoire des Acadiens. Un étudiant originaire de l’Ontario a avoué qu’il avait honte de dire qu’il n’avait jamais entendu parler des Acadiens avant de s’inscrire à ce cours. Le simple fait de toucher les vestiges d’un objet qui a servi il y a plus de 250 ans est une expérience très émouvante qui ne s’oublie pas.
Les fouilles se poursuivront du 12 au 23 juillet sous la direction de Jonathan Fowler et Rob Ferguson. Les gens qui aimeraient se joindre à ces fouilles pendant une journée peuvent s’inscrire en écrivant à
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ou en composant le (902) 542-1952.
PHOTO 1 (Jonathan Fowler) : Tous les artefacts trouvés entre le verger et l’église-souvenir sont nettoyés et codés, puis placés sur des plateaux qui correspondent à des contextes précis.
PHOTO 2 (Jonathan Fowler) : Megan Totten et Robert Shears examinent les artefacts au laboratoire de Saint Mary’s University.
PHOTO 3 (Jonathan Fowler) : Certains artefacts particulièrement intéressants feront l’objet d’analyse détaillée dont (A) ce fragment d’un col de bouteille à vin; (B) ces morceaux de vitre partiellement fondue; (C) ces fragments de pipe en argile; et (D) ce fragment d’assiette en faïence blanche.
Sally Ross Relationniste auprès des médias Société Promotion Grand-Pré
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