Grand-Pré, le 13 août 2008
— Chaque année depuis plus de 20 ans,
une fin de semaine au lieu historique national de Grand-Pré est
consacrée à l’histoire et à la culture acadiennes. L’envergure des «
Journées acadiennes » a varié au cours des années, mais il y a toujours
eu une messe célébrée en français le dimanche matin. Et tous les ans
depuis la fin des années 1980, le père Maurice LeBlanc, prêtre eudiste,
vient à Grand-Pré pour dire la messe.
Comme il l’a expliqué lui-même, ce pèlerinage annuel est à la fois
spirituel et personnel. D’après le père LeBlanc, « Grand-Pré est un lieu
central, un lieu de rencontres où on se sent chez soi. Chaque fois que
je viens à Grand-Pré, je pense à mon père. Il était un grand patriote et
il nous a toujours inculqué les valeurs de notre héritage acadien. » En
effet son père, le docteur J. Émile LeBlanc (1890-1957), fut deuxième
vice-président de la Société mutuelle l’Assomption et un des premiers
directeurs de la Société nationale des Acadiens, deux organisations très
impliquées, dès les années 1920, dans la mise en valeur de Grand-Pré en
tant que lieu de mémoire.
La première visite du père Maurice LeBlanc à Grand-Pré remonte à l’été
1930. Son père tenait absolument à montrer ce lieu célèbre à ses
enfants. Contrairement à la plupart des Acadiens, le docteur LeBlanc
possédait une voiture, donc le pèlerinage pouvait se faire par la route
et non par le chemin de fer. Évidemment, les routes n’étaient pas pavées
à l’époque. La famille LeBlanc a quitté Pubnico-Ouest à 5 heures du
matin afin d’arriver à Grand-Pré pour un pique-nique à l’heure du midi.
Le docteur LeBlanc était au volant, sa femme Jeannette (née d’Entremont)
était à côté de lui, et les deux enfants, Roseline (9 ans) et Maurice (6
ans), étaient assis en arrière. La famille du docteur Amédée Melanson
(1882-1930) de Sainte-Anne-du-Ruisseau a aussi fait partie du
pèlerinage. Madame Julie (née Hamelin) Melanson, ses quatre garçons
(Raymond, Flavien, Guy et Émile), mademoiselle Bernadette Hamelin et
d’autres amis ont voyagé dans deux voitures.
Comme on le voit d’après une des photos prises à Grand-Pré, tout le
monde est arrivé à temps pour se régaler à l’ombre du grand saule
pleureur. Les plus jeunes parmi tous les pèlerins s’appellent Roseline
LeBlanc, future infirmière hygiéniste et Maurice LeBlanc, futur prêtre
eudiste. Dans l’autre photo, les deux familles posent devant la Croix
Herbin, qui semble beaucoup plus imposante qu’aujourd’hui. À l’arrière
plan, on voit une des tours de la vieille loge à l’entrée du parc qui
fut remplacée dans les années 1960 par le premier centre d’accueil de
Parcs Canada.
Au cours des années, des milliers de familles acadiennes ont fait des
pèlerinages mémorables à Grand-Pré. Mais combien d’Acadiens se
ressourcent régulièrement à Grand-Pré depuis presque 80 ans? Le père
Maurice LeBlanc est certainement un pèlerin modèle, un pèlerin hors
pair.
PHOTOS (Archives
de la famille LeBlanc):
1) Pique-nique
sous le saule pleureur à Grand-Pré en 1930.
2) Les familles LeBlanc et Melanson devant la Croix
Herbin à Grand-Pré en 1930.

