COMMUNIQUÉ DE PRESSE

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Un hommage à John Frederic Herbin
 

7 août 2008


 

GRAND-PRÉ, le 7 août 2008 — Les Acadiens ont été déportés de plusieurs localités en Nouvelle-Écosse, y compris Annapolis Royal, Windsor, Truro et la région de Amherst, mais Grand-Pré est vite devenu le symbole de la Déportation. Comment expliquer la notoriété de Grand-Pré?

Par une ironie du sort, nous devons remercier le lieutenant colonel John Winslow, officier du Massachusetts en charge des opérations à Grand-Pré, d’avoir tenu un journal. Non seulement il décrit les activités quotidiennes, mais il donne une liste de toutes les familles acadiennes qui habitaient la région de Grand-Pré en août 1755. Le journal de Winslow a survécu et a été publié dans les années 1880. Quoique beaucoup moins connu, Jeremiah Bancroft, un des officiers de Winslow, a aussi tenu un journal qui contient des renseignements précis sur Grand-Pré. Il n’existe aucun document de ce genre pour les autres communautés acadiennes.                                                                                          

Nous devons ensuite rendre hommage à Thomas Chandler Haliburton, écrivain et membre de la Législature provinciale, qui a fait connaître le journal de Winslow. En 1827, Haliburton publie son History of Nova Scotia. Le chapitre consacré à la dispersion des Acadiens est basé en grande partie sur les détails fournis par Winslow sur le déroulement des événements à Grand-Pré.

Évidemment, il faut surtout rendre hommage à Henry Wadsworth Longfellow dont le poème Évangéline, publié en 1847, a donné à Grand-Pré une signification émotive incomparable. Nous ne savons pas si Longfellow a consulté le journal de Winslow, mais nous savons qu’il a emprunté le livre de Haliburton, History of Nova Scotia, de la bibliothèque de l’Université Harvard en mars 1841. Ce n’est donc pas par hasard qu’Évangéline est situé à Grand-Pré.

Bien que Winslow, Haliburton et Longfellow aient contribué à la notoriété de Grand-Pré – une notoriété tout à fait justifiée puisque Grand-Pré était le plus grand village acadien d’avant la Déportation –, c’est John Frederic Herbin qui a préservé les terres où se trouvait autrefois le coeur du village. Sans la vision et les gestes concrets de Herbin, il n’y aurait sans doute pas de lieu historique national de Grand-Pré aujourd’hui.

John Frederic Herbin (1860-1923) fut le fils de Marie-Marguerite Robichaud, originaire de Meteghan, et de Jean Herbin, un Huguenot né à Cambrai, France. Herbin et son père ont travaillé comme horlogers à Windsor et à Halifax. John Frederic Herbin a déménagé à Wolfville où, en 1885, il fonde la compagnie Herbin Jewellers qui existe toujours. Après avoir poursuivi ses études au collège Acadia, il devient conseiller municipal, puis maire de Wolfville. Influencé par Longfellow et convaincu que les ancêtres de sa mère ont été victimes d’injustices profondes, Herbin commence à faire des recherches sur l’histoire des Acadiens. Il publie plusieurs ouvrages, y compris un livre intitulé History of Grand-Pré.   

En 1907, John Frederic Herbin achète un terrain de 14 acres à Grand-Pré et commence ses efforts pour établir un parc commémoratif pour honorer les Acadiens, Longfellow et Évangéline. Il propose divers projets dont la reconstruction de l’ancienne église Saint-Charles-des-Mines et la restauration du vieux cimetière. En juin 1906, il écrit à sir Wilfrid Laurier, premier ministre du  Canada, l’invitant à donner son appui au parc commémoratif. Paradoxalement, sir Frederick William Borden, député libéral pour le comté de Kings, conseille à Laurier de ne pas donner son parrainage avant d’évaluer dans quelle mesure le projet de Herbin visait simplement à attirer les touristes américains!

Herbin a aussi essayé sans succès d’obtenir le soutien des Acadiens. En 1909, il érige une grande croix de pierre pour marquer la présence du vieux cimetière acadien. Incapable de mobiliser les fonds nécessaires pour établir un parc commémoratif et préoccupé par l’idée que le site puisse être profané, Herbin vend les terres au Dominion Atlantic Railway en 1917. Cependant, il stipule dans le contrat qu’une partie du terrain devrait être cédée aux Acadiens pour qu’ils puissent y construire un monument commémoratif.

Le 16 août 1922, l’église-souvenir ouvre ses portes. Le Dominion Atlantic Railway ajoute un train spécial qui amène les Acadiens à Grand-Pré pour la cérémonie de la bénédiction de la pierre angulaire. Les tailleurs de pierre acadiens ont bâti l’église à l’aide de fonds provenant des paroisses acadiennes au Canada et aux États-Unis. Avant sa mort, John Frederic Herbin a donc pu voir la réalisation d’un de ses rêves.

En 1925, les Acadiens ont posé une plaque de bronze sur la croix de pierre pour rendre hommage à John Frederic Herbin.

PHOTO : Jennie et Alex Herbin, employés au lieu historique national de Grand-Pré, devant la croix de pierre érigée par leur arrière-arrière-arrière-grand-père John Frederic Herbin en 1909 pour marquer l’emplacement du vieux cimetière Saint-Charles-des-Mines.            

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